S'il te plaît, apprivoise-moi…

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Poésie: Goutte de sable (illustration: Marc Bourbon)

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Goutte de sable

Je boirai la dernière goutte de sable
dans le désert où tu m’as laissé
Je traverserai tous les Saharas
crierai, hurlerai dans tous les déserts,
userai tous les bâtons de pèlerins
pour retrouver ton oasis:
j’ai si soif de toi…

Tu es tout sauf un mirage
mets-moi au goutte à goute
et fais de ce sable de la lumière,
un vitrail coloré qui sème la vie
Ni avec toi ni sans toi
aujourd’hui tout est si compliqué:
je cours après cette flamme improbable
qui brûle en moi
qui brûlait en nous
qui mord et apaise,
dune après dune, vague après vague,
et mon vague à l’âme m’emporte
encore vers toi, tempête du désert,
mon coeur se serre, ma gorge est sèche,
je bois ce calice de silice jusqu’à la lie,
hallali de sables mouvants,
sable qui coule entre mes doigts
comme je coule entre les tiens.

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Illustration de l’ami Marc Bourbon, photographe aérien

Retrouvez-le sur son blog: https://marcbourbonaerophoto.wordpress.com/

Poésie: REGARDER LES GRAINES SORTIR DE TERRE…

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Regarder les graines sortir de terre…

Le vrai jardinier c’est celui qui écoute,
qui écoute la Nature pousser,
qui entend les graines sortir de terre,
qui prend le temps…

Le vrai jardinier, c’est celui qui attend,
qui laisse le temps au temps,
qui vit les saisons
qui regarde mûrir les fruits,
éclore les fleurs,
forcir les légumes au fil des jours:
les oignons en rangs,
les haricots en grimpeurs,
les radis poupons rose et blancs,
les salades en robe de crinoline, les choux ventrus,
les carottes et le persils en ombrelles,
les tomates aux joues écarlates
chacun saluant le roi Soleil,
chacun se gorgeant de lumière et de chaleur tiède.

Celui qui, humblement, cultive son jardin
sait bien que dans ses mains
pousse le jardin d’Eden
et que le fruit de son travail
est béni entre tous.
Comme le berger, son ami,
il se nourrit de l’essentiel,
jamais plus qu’il ne faut;
chaque jour, il nourrit la Terre
qui le nourrit:
Le jardinier a les mains vertes,
les mains rudes de l’Espérance et de la vie.

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Illustration: l’excellente Charrie , à retrouver sur son blog:

chariesque.wordpress.com

Poème: Les larmes de l’ange déchu

Les larmes de l’ange déchu

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Il choisit de se couper les ailes,
de quitter les cieux éternels,
les nuages sans partage
d’un Paradis élégiaque et tellement fade.

L’ange s’est précipité sue terre,
à corps perdu,
sans se retourner ni rien expliquer
juste pour
retrouver l’humaine condition,
la tentation et le pêché.

Mais celle qu’il l’aimait
n’était plus.
Elle s’était tue.
Il pleura sur sa tombe comme un damné.
Ses larmes firent fleurir un tas de petites fleurs jaunes,
celles qu’elle préférait.
Miracle de l’Amour, les boutons d’or à leur tour
se firent troubadours et chantèrent celle
qu’il ne reverrait plus.

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Illustration: sculpture de Marie Poscia

Poésie: Os de seiche

Os de seiche

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Il ne reste de toi
qu’une langue trop blanche,
un bout de calcaire ou de craie
pour rayer le sable indifférent.

Toi qui allais, en reculant,
entre deux eaux, entre mer et océan,
tu étais le dernier wagon
d’un train s’enfonçant dans l’obscurité.

Que t’importe aujourd’hui,
que ton squelette serve de biscuit
à quelques oiseaux de passage.
Ton encre s’est diluée dans
les vagues oubliées. Seules
ces vagues recommencent leur ballet
à l’infini et chantent, monotones,
leur éternelle mélancolie…

Poésie: Bois flotté

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Bois flotté, bois échoué,
bois mort, décharné,
écartelé, tu as blanchi
sous le harnais et,
ainsi patiné, tu es devenu
un Christ assassiné
une croix tortueuse de souffrances
un squelette éparpillé…
Béni sois ce bois centenaire
Rescussité.

Poésie: Sillage

 

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Ecume d’un voyage annoncé
Amarres larguées
bagages abandonnés
Billet sans retour
vers l’Aventure incertaine,
celle qui se vit au jour le jour.

Dans ce sillage, pas de regrets
et encore moins de remords.
J’irai de ci, de là
pareil à l’oiseau dans le vent.
La mouette rira, le goéland
se moquera et ma barque hasardeuse
tracera son sillon: je sème
à tous les azimuts cette seule ligne droite,
sous le signe de Belzébuth!

Poésie: Etoile de mer

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A la pétillante Mary

Etoile de mer
Etoile tombée du ciel,
décrochée par désespoir,
pleure amère
des larmes trop salées.

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